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Les députés occupés par la campagne électorale

Après une première journée marquée par une présence acceptable, les députés ont complètement déserté l’hémicycle hier. Les quelques membres présents attendaient leur tour pour intervenir.
Aussitôt ouvert, il est déjà clos. Le débat autour du projet de loi de finances (PLF) 2018 n’a duré, finalement, que deux jours. Entamé juste après la présentation du texte, dimanche dernier, par le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, l’examen de ce projet attendu par tous tire à sa fin. Et sans qu’il y ait de remarques et d’observations à la hauteur des attentes de l’opinion publique nationale, qui voulait plus d’éclaircissement sur le contenu de ce projet, en particulier les mesures d’austérité prévues.

Pis encore, les 462 députés qui siègent au niveau de l’Assemblée populaire nationale (APN) n’ont, visiblement, pas jugé utile de participer à ce débat et d’exercer les prérogatives que leur confère la loi pour légiférer et relever les défaillances des textes provenant de l’Exécutif. En effet, après une première journée marquée par une présence acceptable, les députés ont déserté complètement l’hémicycle hier. Seulement quelque dizaines ont signé leur présence à l’Assemblée.

Ce sont majoritairement ceux qui attendaient leur tour pour intervenir, dont certains ont même «oublié» cet engagement en préférant rester au chaud ou vaquer à d’autres préoccupations. Sur les 214 intervenants inscrits, une vingtaine, voire plus, n’étaient pas au rendez-vous. D’autres, plus de 200, selon des députés interrogés, sont occupés par la campagne électorale pour les élections locales du 23 novembre. N’étant pas directement concernés par ce scrutin, ces députés se sont engagés à soutenir les listes de leurs partis respectifs sur le terrain en organisant et en animant des meetings et des rencontres de proximité.

Le régionalisme et la corruption

Certes, aucun texte de loi, ni aucune disposition du règlement intérieur de l’Assemblée n’obligent les députés à assister à tous les débats, mais la nature du texte présenté et ses enjeux exigeaient une présence massive à l’hémicycle et des interventions à la hauteur des attentes des citoyens. «La programmation de ce débat en pleine campagne électorale est très mal pensée.

De plus, même les ministres et le Premier ministre font campagne pour leurs partis respectifs», nous explique une députée. L’influence de la campagne électorale est visible même dans les interventions des députés présents qui mettent l’accent sur les problèmes constatés dans leurs communes et leurs wilayas. L’APN leur offre ainsi une tribune pour faire campagne en vue de capter l’intérêt des électeurs potentiels, qui pourraient opter pour les listes de leurs formations respectives.

Intervenant dans l’après-midi, Lila Hadj Arab, députée RCD, a profité de cette occasion pour revenir sur ce qu’elle qualifie d’«exclusion arbitraire» des candidats présentés par son parti par l’administration. Selon elle, «ce sont tous des cadres intègres et compétents qui ont été privés de leurs droits». Concernant le contenu du PLF-2018, les intervenants continuent de mettre en garde contre l’impact des mesures d’austérité sur le pouvoir d’achat des Algériens.

Certains députés ont dénoncé le détournement des budgets consacrés aux projets et le déséquilibre régional en matière de développement. «Les coûts des projets sont toujours surévalués en Algérie. Les enveloppes consacrées à la réalisation des infrastructures sont trois fois plus importantes que le coût réel des chantiers. C’est le cas du stade de Tizi Ouzou qui doit coûter 800 millions de dollars, alors qu’en Chine une structure similaire est réalisée pour seulement 300 millions de dollars.

Maintenant, les Algériens savent où sont partis les 1000 milliards de dollars…», affirme Yacine Aissiouen, député RCD. Ce dernier dénonce aussi la marginalisation de la Kabylie qui ne bénéficie d’aucun investissement. «Tous les projets de l’automobile sont implantés dans l’ouest du pays. En Kabylie, il y a un seul investisseur qui veut travailler, mais il est empêché. C’est le pouvoir qui nourrit le régionalisme», lance-t-il. Le député du front El Moustakbel, Khaled Tazaghart, abonde lui aussi dans le même sens et condamne «le régionalisme du pouvoir», en faisant référence au blocage des projets du groupe Cevital.

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http://www.elwatan.com/actualite/les-deputes-occupes-par-la-campagne-electorale-14-11-2017-356634_109.php

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